Depuis les années quatre-vingt, nos étés ont gagné en moyenne trois degrés Celsius. Cette anomalie, due au réchauffement climatique, pourrait s’accroitre dans les années à venir.

Nous nous tournons bien souvent vers des systèmes de climatisation pour rafraîchir nos intérieurs. Or, les équipements de climatisation consomment énormément d’énergie et de gaz frigorigènes, au pouvoir de réchauffement climatique presque mille fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2) ! Leur utilisation participe donc à l’emballement du climat et à l’aggravation du problème. Nous vous proposons de découvrir des alternatives durables et vertueuses pour éviter la surchauffe.

 

Le point sur l’interdiction des fluides frigorigènes actuels

Après l’interdiction des fluides frigorigènes de types HCFC et CFC en 2020, le gouvernement interdira également les fluides de type HFC, actuellement utilisés, en 2030. En effet, ces Hydro-Fluoro-Carbure sont certes moins polluants mais n’en restent pas moins des gaz à effet de serre qui sont 140 à 11 700 fois plus polluants que le dioxyde de carbone (CO2). En 2030, les équipements utiliseront un fluide non-polluant mais les systèmes ancienne génération ne seront pas compatibles.

De plus, l’utilisation de ces systèmes génère une consommation électrique non négligeable durant la période estivale. Pour avoir un ordre d’idée :

4h de climatisation par jour pendant 3 mois = 220€ d’électricité*

*Calcul moyen pour un équipement d’une puissance de 4000 watts – prix électricité 0.15 €/kWh

 

Quels sont les gestes simples à adopter pour limiter les apports solaires ?

  • Privilégiez les protections solaires extérieurs : stores extérieurs, volets, ombrages et pergolas… Un store situé en façade préserve mieux de la chaleur qu’un store placé à l’intérieur.

  • Les stores ou pares-soleil orientables (persiennes) évitent l’exposition directe des ouvertures au soleil tout en laissant passer la lumière.
  • Utilisez des végétaux à feuilles caduques : ils vous procureront un agréable ombrage en été et ne masqueront pas le soleil en hiver. De plus, grâce à l’évapotranspiration, les plantes rafraichissent leur environnement.
  • Profiter de la nuit pour aérer afin d’évacuer la chaleur stockée à l’intérieur.
  • Privilégiez des peintures de couleurs claires, notamment pour les murs est et ouest, pour renvoyer les rayonnements solaires au maximum.

 

Quels travaux sont à privilégier pour éviter la surchauffe de votre logement ?

Après les ouvertures, c’est par le toit que la chaleur arrive ! Isoler votre toiture est donc une priorité, en installant un matériaux isolant dans les combles ou directement sous la toiture dans le cas d’un grenier ou d’une pièce habitable. Ces travaux sont assez faciles à mettre en œuvre car ils n’impactent pas trop votre quotidien et profitent d’aides financières (en savoir plus en consultant notre Foire aux questions).

Les matériaux dits “biosourcés” (issus du végétal tels que la fibre de bois, le chanvre, la paille ou la cellulose) sont un choix optimal car ils ont une inertie plus importante que les isolants dits “synthétiques” (polystyrène) ou “minéraux” (laine de verre ou de roche). L’inertie est une capacité du matériaux permettant de maintenir une température stable à l’intérieur du logement et donc d’amortir les pics de chaleur.

Si vous souhaitez installer ou que vous disposez déjà d’une pompe à chaleur air-eau ou eau-eau pour votre système de chauffage : préférez les systèmes réversibles qui permettent un fonctionnement inversé, ils vous permettront de rafraîchir votre logement par l’intermédiaire du réseau de chauffage (plancher chauffant, ventilo-convecteurs…).

 

Pensez au puits “provençal” ou “canadien”

Cette alternative écologique à la climatisation n’utilise pas de fluide frigorigène et consomme très peu d’énergie, un seul appareil électrique étant nécessaire à son fonctionnement. On le nomme puits “provençal” lorsqu’il capte la fraîcheur du sol (été) et puits “canadien” quand il capte la chaleur du sol (hiver).

Une bouche capte l’air extérieur et le fait circuler dans des tubes enterrés entre 1,5 et 3 mètres de profondeur jusque dans la maison. La température du sol étant stabilisée aux alentour de 13°C toute l’année, l’air va se rafraîchir ou se réchauffer naturellement durant son parcours. L’air rafraîchi/réchauffé de quelques degrés est ensuite insufflé dans le logement tandis que l’air vicié est rejeté à l’extérieur par les bouches d’extractions. Le puits est plus performant s’il est couplé à un système de ventilation (VMC simple flux ou double flux), notamment pour l’hiver.

Point de vigilance : la mise en œuvre de ce système complexe est à confier à un professionnel, une réalisation défectueuse conduisant à une mauvaise qualité de l’air intérieur (moisissures, bactéries, radon).

Tarif : il faut compter 1 000 à 3 000 € HT (hors frais d’ingénierie, de terrassement, d’installation et de paramétrage) pour l’installation d’un puits provençal/canadien.

 

Sources : La chaine météo, KelWatFutura science, Guide ventilation Ademe, Guide climatisation Ademe.